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The following articles originally appeared in French.
We are currently translating them and will provide the English version along side the French version as we receive them.

DrÙles de paroissiens pour culte ´Coltranienª

Un Jazz ´ en vrac ª a littÈralement sÈduit les amateurs de fushion musicale jusquíý la dimension spirituelle. Ce soir : Petrucciani en solo.

Chaude la pinËde pour la soirÈe-culte, en líhonneur du trËs charismatique et mystique John Coltrane, disparu voilý plus díun quart de siËcle. Comme nous líavions prÈdit, cíest une messe jazz cÈlÈbrÈe par les membres de líÈglise orthodoxe africaine Saint-John (Coltrane) de San Francisco qui dÈchaÓna les milliers de spectateurs-fidËles.

Cette Ètonnante Èquipe religieuse pour qui la musique est une liturgie, et dans laquelle les instruments et les chants ont une large place, sembla convenir aux trËs jeunes qui adoptËrent rapidement le rythme des sceurs, des prÍtres et du Bishop King qui níhÈsita pas ý síemparer du saxo pour accomplir de saintes dysharmonies.

Peu acadÈmique certes et gr?ce au talent des cÈlÈbrants, líoffice parvint cependant ý faire descendre líesprit du grand John dans la pinËde.

Le ton de la soirÈe Ètait donnÈ. Dans le public, rares Ètaient ceux ñ hormis les historiens ñ qui se trouvaient dans la pinËde Gould, le fameux soir du 27 juillet 1965 ñ cíest aujourdíhui - pour le concert de Coltrane que demeure Iíun des ÈlÈments majeurs de Iíhistoire du festival, gr?ce ý la splendide version de ´ Love Supreme ª, ultime message du grand musicien.

Une QuÍte... spirituelle

II y eut ñ bien entendu ñ quelques dÈceptions parmi ceux qui Ètaient venus entendre des
´ Gospels ª, comme ý líÈglise Baptiste car le ´ Free jazz ª dispensÈ toute la soirÈe níavait ñ il faut le dire ñ quíun trËs lointain rapport avec les harmonies vocales des offices dominicaux de líAmÈrique profonde...

On líaura compris, cíest un langage contemporain qui servit de vÈhicule de communication et les excellents solistes ñ autres sacrÈes vedettes de la soirÈe ñ ne se firent pas prier pour jouer :

Ci-dessus : cÈlÈbration du culte par le Bishop King.
A gauche : Archie Shepp, la mÈmoire brute et rugueuse du peuple noir.
Adroite : ý líÈglise Saint-John, la musique tient lieu de liturgie.

il y avait lý Rahied Ali, le dernier batteur de Coltrane; Ravi, Iíun des deux fils du saxophoniste; Matthew Garrison dont le pËre fut le fidËle bassiste de John; Archie Shepp, compagnon assidu des derniËres annÈes et chef de file díune avant-garde jamais dÈpassÈe; Greg Murphy au piano et surtout Gene Shimosato qui fit des prodiges avec sa guitare; Carlos Santana enfin et sa guitare magique dont Iíapparition fut tout particuliËrement acclamÈe.

Et Iíhommage ý Coltrane se prolongea jusque tard dans la nuit de Juan, sous les Ètoiles, avec des titres qui exprimaient clairement IíidÈal de toute sa vie pour aboutir ý ce ´ Love supreme ª entonnÈ par ceux qui níy croyaient pas...

 

Antibes-Juan-Les-Pins
Carlos Santana :
le Gourou a toujours 20 ans
... et ses fans oublient leur ?ge
Coups de blues et nostalgie.

Avec son bandeau, ses cheveux noirs en oreillette, son bermuda et son visage marquÈ par la passion que barre une moustache, Carlos Santana a fait un retour gagnant dans la pinede : avec les ´ anciens ª, ses fans des annÈes 70 qui líont retrouvÈ tel quíil líavait quittÈ sur le campus; avec les petits nouveaux, ceux qui le dÈcourent et líont adoptÈ.

Cíest un culte ñ comme ses airs qui  balancent ñ et les cultes níont pas dí?ge.

Et Santana ne trahit pas ses admirateurs : avec une guitere, entourÈ de musiciens hors pairs, il en donne et en redonne avant que líon en redemande. II devance les rappels, bondissant, entraÓnant... Et quand le public debout, swinguant dans les travÈes, líovationne, il níest jamais aussi bon.

´ Jíaime mon public ª dit-il, au lendemain de sa nuit juanaise, en avalant une salade ý la plage des Pirates, riant aux Èclats, avec ses amis de Saint Johnís African Orthodox Church of San Francisco, avec lesquels il rendra hommage ce soir ý Coltrane.

A líunisson, le saxo, le piano, la guitare et les voix rendront une nouvelle fois magique la nuit de la pinËde.


Ce soir encore
AprËs Michel Jonasz hier, le festival de jazz rendra ce soir un hommage ý John Coltrane, avec le retour dans la pinËde de Carlos Santana. Une seconde chance pour ceux qui auraient loupÈ ce monument, vendredi.

Plus díun quart de siËcle aprËs sa mort, Coltrane reste une figure charismatique, non seulement du jazz, mais díune philosophie musicale et existentielle ý part entiËre.

Le concert de ce soir ressemble ý une rÈunion de famille avec la participation des fidËles.une messe ´ free gospel ª par les membres de líÈglise Saint Johnís de San Francisco, Rashied Ali, qui fut le dernier batteur de Coltrane líun de ses deux fils et Matthew Garrison dont le pËre fut le fidËle bassiste de John.

Archie Shepp viendra se joindre ý ce quintette et avec lui la guitare de Carlos Santana. Encore une belle soirÈe en pesrpective. Mieux, une soirÈe magique...

 

Juan-les-pins
Santana : accords díun autre monde

Cíest un grand souffle de rÈtro ñ que les moins de 20 ans ont appris ý connaÓtre ñ qui a balayÈ, puissant, la pinËde Gould, arrachant les milliers de fans de leur siËge, soulevant les enthousiasmes et les coeurs, entremÍlant les voix et les sons : avec Santana, plus Carlos que jamais avec son bandeau orange et sa chemise ý fleurs, cíest tout un monde ý part qui a vÈcu ý nouveau.

Les accords ont ÈvoluÈ ñ un zeste de salsa, une pincÈe de funk ñ mais la patte Santana est restÈe : dans le discours ñ ce monde meilleur sans drapeau et sans frontiËres, quíil appelle de sa voix de basse ñ et dans le rythme.

Rythmes latino-amÈricains, rythmes reggae... rythmes Santana, nÈs par hasard au dÈtour díun boeuf dans un restaurant... o? il fait la plonge. Nous sommes, ý San Francisco, en 67 et Santana, líÈmigrÈ mexicain, a vingt ans. Un mois plus tard, ý la tÍte  du Santana Blues Band, il sËme des fans ý toud les coins du monde.

Ses fans Èttaient lý ñ nÈgligeant díÈcouter en premiËre partie líexcellent Eddy Louiss au jazz frais et colorÈ ñ rÈpondant dans un mÍme Èlan aux appels de notes cultes, quíelles soient hommage ý Miles Davis ou ý John Coltrane avec un ´ A love supreme ª qui nía pas perdu un grain de sa ferveur communicative.

Et au delý des mots et des messages, reste líextraordinaire prestation des musiciens du Blues Band, avec un percutionniste et deux batteurs qui síaccordent sur des rythmes torrides.

Les ´ anciens ª Ètaient lý. Les jeunes aussi. On craignait les dÈbordements. Líambiance resta ´ baba-cool ª. Le concert du Gourou, avait aussi des allures de pÈlerinage.

Ce soir, dans la pinËde, on retrouvera Carlos Santana pour un hommage ý John Coltrane avec les choeurs de Saint-Johnís African Orthodox Church, emmenÈs par Bishop King, et avec les ´ Voices of compassion ª.

Sur la scËne, se retrouveront Ègalemet le quintet de Rahied Ali, avec le fils de John, Ravi Coltrane, et Archie Shepp. Un concert culte. Et assurÈment un ÈvÈnement dans la pinËde.

F.R.

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